"Le fondement même du capitalisme est le salariat, par lequel le Capital réduit la puissance de travail elle-même à une quantité de valeur et ainsi se la soumet. Par là même, le Capital massifie la puissance de travail et devient le seul à en faire usage ; il conquiert en cela la puissance absolue. Il est donc extrêmement naïf de croire, comme l’affirment journellement les tenanciers du marché mondial, que moins il y a d’État, plus il y a de liberté, comme si l’État était la seule puissance de coercition. La puissance du marché est infiniment supérieure, elle ne tend jamais qu’à accroître sa puissance, et le moteur du Capital est en cela une volonté de puissance aveugle et inconditionnée."

Jean Vioulac

« Ces bourgeois feraient bien de s’inquiéter : tôt ou tard, la violence qui tourbillonne dans le pays s’abattra sur eux, sans faire de quartier et sans aucune pitié. Elle brûlera leurs beaux meubles anciens, leurs tapis d’Orient, leurs services à thé déjà ébréchés par l’hypocrisie. Le capitalisme commence à mourir. Le capitalisme mourra. Le capitalisme est déjà mort. Il y a dans l’air une hystérie féroce, il suffit d’observer la haine entre le personnes, les jalousies, les valeurs infiniment mesquines qui déchaînent des haines plus mesquines encore. En Occident, quelque chose alimente la haine : haine à l’université, au théâtre, entre les jeunes de gauche et de droite, dans la musique rock, chez les auto-stoppeurs, dans le sexe, dans les films. Haine devant une tasse de café et haine durant les fêtes d’anniversaire. Haine dans les églises et haine sur les terrains de football. Notre haine qui êtes aux cieux, donnez-nous aujourd’hui notre haine quotidienne. Le dieu Odin se réveille. Le dieu des tempêtes et de la ruse voit se lever un jour nouveau pour sa rage incendiaire. »

Alberto Garlini, « Les noirs et les rouges », Editions Gallimard.