Prochainement : “La gauche du Capital” de Charles Robin. L’effacement du clivage droite-gauche, chaque jour plus accentué en cette période de crise, fait apparaître la grande complémentarité du libéralisme économique, resté longtemps l’apanage de la droite, et du « libéralisme libertaire » (expression créée dès 1972 par le sociologue Michel Clouscard) constamment promu par la gauche. Dans ce livre, Charles Robin s’emploie à montrer que cette complémentarité s’explique par une commune inspiration doctrinale remontant à la philosophie des Lumières. Loin d’être l’effet d’une « trahison » envers ses principes fondateurs, le retournement libéral de la gauche et sa soumission spectaculaire aux exigences du Capital résultent au contraire d’une profonde logique inscrite dans son histoire.

Prochainement : “La gauche du Capital” de Charles Robin.


L’effacement du clivage droite-gauche, chaque jour plus accentué en cette période de crise, fait apparaître la grande complémentarité du libéralisme économique, resté longtemps l’apanage de la droite, et du « libéralisme libertaire » (expression créée dès 1972 par le sociologue Michel Clouscard) constamment promu par la gauche. Dans ce livre, Charles Robin s’emploie à montrer que cette complémentarité s’explique par une commune inspiration doctrinale remontant à la philosophie des Lumières. Loin d’être l’effet d’une « trahison » envers ses principes fondateurs, le retournement libéral de la gauche et sa soumission spectaculaire aux exigences du Capital résultent au contraire d’une profonde logique inscrite dans son histoire.

Guillaume Faye fournit les chiffres du flux des immigrés irréguliers, des opérations de la police qui ne peut plus faire face, du coût des hébergements, de celui de la charge médicale… Quelle sera l’issue ? Quelles sont les dispositions envisagées par le gouvernement hormis celles de « laisser faire » et de saigner à blanc les pauvres Français qui n’y peuvent mais ?
Polémia


La France (comme l’Union européenne) est une passoire. L’année 2014 aura vu une aggravation brutale des flux d’immigrés illégaux, vrais ou faux réfugiés, les seconds étant nettement plus nombreux. Nous vivons une crise migratoire majeure qui surpasse en intensité la vague du « Printemps arabe » de 2011.
Les flux de clandestins explosent. C’est d’une véritable invasion qu’il s’agit. Prélude à une submersion ? En face, aucune résistance : l’agence Frontex de protection des frontières ne sert rigoureusement à rien, les lobbies pro-immigration (No Borders, etc.), épaulés par l’Église et les médias, désarment toutes les résistances par leur matraquage idéologique. De plus, mieux traités et mieux soignés que des Français de souche pauvres, les « invisibles », les migrants illégaux se savent pratiquement inexpulsables. La pompe aspirante de l’immigration clandestine fonctionne à plein régime et s’emballe. Surtout depuis que le chaos s’installe en Afrique et dans tout le Moyen-Orient.

La déferlante

De janvier à fin septembre 2014, 100.000 clandestins sont entrés en France par la frontière italienne ! A Menton, la police submergée voit arriver 10.000 clandestins par mois ; elle en refoule 4.000, qui reviennent. Sur la Côte d’Azur, la police a procédé à 19.000 interpellations depuis le début de l’année. Brièvement incarcérés, ils sont tous ensuite relâchés dans la nature, du fait du laxisme et de la complexité procédurale ubuesque du droit français. Sans compter ceux qui arrivent par les aéroports.
De l’île de Lampedusa à l’archipel du Dodécanèse (+223% d’arrivants clandestins en 2014) sans oublier Gibraltar, la façade méditerranéenne de l’Europe est le théâtre d’une véritable invasion déferlante qui s’amplifie chaque année. La prophétie de Jean Raspail, dans Le Camp des Saints, se réalise exactement.
Beaucoup de migrants clandestins gagnent l’Allemagne ou la Suède. La première a fait face en 2014 à 200.000 demandes d’asile, contre 50.000 en 2011 ; la seconde, qui n’a que 9 millions d’habitants, a géré cette année 80.000 demandeurs du statut de réfugié. En France, de 67.000 demandes d’asile en 2013, on passera à 80.000 cette année. Et partout, ils savent qu’ils ne seront jamais expulsés. Les « reconductions à la frontière », en réalité très minoritaires, se soldent en général par des retours.
Sur les 40.000 déboutés annuels du droit d’asile (on en sera à 50.000 cette année) l’immense majorité reste sur le territoire. Après la vague des Tunisiens, voici les Libyens, les Érythréens, les Soudanais et les Syriens, qui arrivent souvent par familles entières. Sans compter les migrants d’Afrique centrale et de l’Ouest, toujours plus nombreux. Même les Chinois et divers Asiatiques s’y mettent. Tout le monde, en somme.

L’impuissance à endiguer le flux invasif

Le dispositif Frontex de protection des frontières de l’UE est un échec retentissant. L’opération Mare Nostrum (qui a été remplacée par l’opération Triton en novembre, changement magique de dénomination) de surveillance des côtes méditerranéennes de l’UE n’est pas du tout une protection ni une dissuasion, mais une opération de sauvetage en mer. 70.000 migrants clandestins ont été sauvés de la noyade en 10 mois ! Ce qui encourage les passeurs à augmenter encore les traversées. C’est « un pont vers l’Europe », a déclaré le ministre de l’Intérieur italien.
Sur la côte d’Azur, l’administration truque les chiffres des entrées clandestines. La police débordée procède à 150 interpellations par jour. Les clandestins ne retournent jamais en Italie et finissent par être relâchés au bout de 4h de garde à vue : ils sont LAP, (libres après procédure). Les OQTF (Obligation de quitter le territoire français) ne sont d’aucune valeur ; et les RLT (Remises à la limite du territoire, c’est à dire les reconductions à la frontière italienne) se traduisent par des retours dans 100% des cas. L’impuissance est totale et les clandestins le savent bien. L’invasion est autorisée, pourquoi se gêner ?

Un gouffre financier

A la charge financière énorme, au boulet que représente l’immigration au sens large (voir autres articles de ce blog), même légale ou naturalisée, s’ajoute le coût des clandestins, qui explose. Sur 47.000 places d’hébergement d’urgence disponibles, 22.000 sont des nuits d’hôtels, au prix astronomique, supporté par le budget de l’Etat déficitaire. Le clandestin est beaucoup mieux traité qu’un Français de souche qui perd son traitement et son logis ; il ne risque pas de se retrouver à la rue, lui ! Il en est de même pour la prise en charge médicale et hospitalière.
Il s’agit de l’Aide médicale d’État (AME), ce dispositif unique au monde, qui est un scandale. Elle assure aux clandestins étrangers une couverture médicale complète dont ne bénéficient pas des millions de Français non-fonctionnaires qui ont pourtant cotisé toute leur vie.
L’AME a coûté 744 millions d’euros en 2013, en augmentation constante (dérapage), vu l’accroissement des arrivées de clandestins. A mettre en parallèle avec les 700 millions qui ont été retirés des prestations familiales aux Français. A ajouter : un surcoût de 350 millions d’euros dus aux centres d’hébergement d’urgence, aux allocations temporaires d’attente et aux frais d’hôtels pour les (faux) réfugiés demandeurs d’asile. En tout, le coût des sans-papiers dépasse le milliard d’euros annuel. Et le gouvernement a décidé pour 2015 d’augmenter encore les crédits de l’AME de 73 millions d’euros. Rien n’est trop beau ni trop généreux pour les clandestins. L’AME bénéficie déjà à près de 300.000 étrangers irréguliers.
Sans compter les innombrables fraudes à l’hospitalisation ou à le revente des médicaments obtenus gratuitement en pharmacie par les clandestins. Mais on leur pardonne, ils savent qu’ils ne seront jamais poursuivis. Pourquoi se gêner ?

Et la criminalité suit

L’afflux incontrôlé de clandestins fait mécaniquement augmenter la criminalité. Celle-ci déferle d’autant plus facilement que Mme Taubira est en train de déconstruire sciemment l’appareil pénal répressif, ce qui se sait partout. Le clandestin qui arrive en France sait parfaitement non seulement qu’il sera pratiquement inexpulsable et aidé mais que règne un laxisme pénal et judiciaire unique au monde qui laisse pratiquement impunis les exactions et trafics divers.
Dans le Nord et sur la Côte d’Azur, on est obligé d’envoyer CRS et gendarmes mobiles pour épauler la police découragée et submergée et tenter de parer à la délinquance endémique des clandestins. Un escadron de gendarmes mobiles coûte 21.000 € par jour en logement hôtelier. A Calais, selon les syndicats de police, on a dénombré de juillet à septembre 2014, 80 crimes et délits, contre 7 pendant la même période de 2013 ! En région parisienne, depuis les vagues d’arrivées de Tunisiens clandestins en 2011, on note une augmentation de la criminalité.
 Guillaume Faye

Le Dialogue de vaincus est une somme de vingt discussions menées entre Rebatet et Pierre-Antoine Cousteau en 1950 à la prison de Clairvaux.

« C.- Toi et moi, nous sommes étiquetés ‘fascistes’. Non sans raison, d’ailleurs ? Et nous avons fait tout ce qu’il fallait pour justifier cette réputation…

            R.- Jusqu’à et y compris la condamnation à mort…

            C.- Or pour le farfelu moyen – et même pour le farfelu supérieur – qu’est-ce qu’un fasciste ? C’est d’abord un énergumène éructant et botté, l’âme damnée de la plus noire réaction, le suppôt du sabre et du goupillon… Et de même qu’on attend d’un nihiliste qu’il ait des bombes dans sa poche, d’un socialiste qu’il ait les pieds sales et d’un séminariste qu’il soit boutonneux, on doit nous imaginer figés dans un garde-à-vous permanent devant les épinaleries déroulédiennes.

            R.- J’en connais en effet, sans aller les chercher très loin qui sont au garde-à-vous vingt-quatre heures sur vingt-quatre, mais ça n’est pas notre cas.

            C.- Je crois même que nous sommes parvenus à un degré d’anarchie assez sensationnel. Nous sommes beaucoup plus anarchistes que les anarchistes homologués qui sont en réalité de pauvres types d’un conformisme pénible. Car c’est bien la peine de se débarrasser des vieux mythes pour donner dans le mythe du progrès, dans le mythe de la société sans Etat.

Rebatet approuvait d’un hochement de tête :

            R.- Il n’est pas douteux que nous sommes plus affranchis que ces gars-là. Nos moindres propos l’attestent.

            C.- Alors comment expliques-tu qu’avec de pareils tempéraments, nous nous soyons honnêtement et délibérément imbriqués dans un système politique dont les conformismes auraient dû nous rebuter ? Et comment expliques-tu que cette contradiction ne nous inspire aucune gêne ?

Rebatet s’était tout à   fait rouvert :

            R.- C’est intéressant ce que tu dis là. A première vue, ça me fait saigner le cœur. Ca me rappellera toujours ce que j’étais à vingt ans : le petit bonhomme le plus apte à franchir ce siècle sans le moindre accident. J’avais toutes mes idées sur la religion, l’éthique, la politique, j’avais décidé une fois pour toutes que je ne mettrais jamais le bout du petit doigt dans ces cloaques. Le qualificatif le plus répugnant que je pouvais appliquer à un être ou à une chose, c’était celui de social : un curé social, une atmosphère sociale…

A l’évocation de ce vocable, Cousteau eut une moue écœurée. Il allait lui aussi piétiner le social. Mais Rebatet ne se laissa pas interrompre.

            R.- …L’activité la plus imbécile de l’homme, pour moi, c’était l’apostolat, quelque forme qu’il prît. La contamination progressive par autrui d’un petit type qui, dans son état premier, était d’une santé parfaite, les sacrifices aux préjugés, aux convenances, ça pourrait très bien être mon histoire… Et, tiens, il ne me déplairait pas de l’écrire sous cette forme, une espèce de conte antisartrien. Mais la réalité n’est tout de même pas aussi simple et consternante. Je l’espère, du moins.

            C.- Je t’arrête, cher Lucien. Ca n’est pas consternant du tout… Non seulement je ne regrette rien, mais je me félicite chaque jour d’avoir vécu cette aventure fasciste…

            R.- Même ici, même au bagne ?

            C.- Oui, même ici. Cette aventure fut magnifique et passionnante. Mon ‘engagement’ – comme disent les francs-tireurs et partisans des Deux Magots – m’a conduit avec une sorte de fatalité à des expériences, à des sensations, à des satisfactions d’orgueil que j’eusse toujours ignorées sans cela et que les plus fortunés ne peuvent s’offrir. Rappelle-toi ce que Stendhal fait dire à Mathilde de la Mole de la peine de mort : ‘Il n’y a que cela qui ne s’achète pas’.

            R.- Tu parles si je m’en souviens ! Tu ne sais donc pas que je l’avais écrit dans ma cellule pendant que nous étions aux chaînes…

            C.- Possible, mais comme nous étions forcés de rester chacun chez nous, tu me l’apprends… En tout cas, en ce qui concerne l’engagement, point de regret. Mais tout de même un peu de surprise. Car si, à vingt ans tu t’étais décrassé des conventions civiques, morales et religieuses, à cet âge-là, moi aussi, je ne respectais plus grand-chose. Pas tout à fait de la même manière que toi, cependant. Tu étais plus anarchiste que moi. Je donnais – je m’en excuse – dans le gauchisme…

            R.- C’est une manière d’engagement…

            C.- Mais les négations l’emportaient de loin, chez moi, sur le zèle constructif. Mon socialisme restait vague. Par contre je savais très bien de quoi je ne voulais plus être dupe, sous aucun prétexte. Plus de sursum corda pour notre sainte mère l’Eglise, la Ligne Bleue des Vosges et la Propriété Bâtie. Et sais-tu, puisque nous en sommes aux confidences comment j’en avais eu la révélation : en lisant, à seize ans, L’Ile des Pingouins de cette vieille barbe d’Anatole France. Partir de là pour aboutir à Mein Kampf , c’est tout de même comique…

            R.- Moi ce sont les curés et L’Echo de Paris de la guerre de 1914-1918 qui m’ont rendu anarchiste. Quand je fréquentais les Juifs et les hommes de gauche, à mes débuts dans le journalisme, ils avaient tout de suite trouvé la formule pour concilier mes propos et mon appartenance à l’A.F. : j’étais pour eux un anarchiste de droite. Malgré tout, cette anarchie cohabitait avec une admiration très vive pour Mussolini. J’étais donc de droite pour la même raison que les barbeaux…

Cousteau eut un sourire d’indulgence :

            C.- Je connais ta théorie : les barbeaux et les artistes ont besoin d’ordre pour prospérer.

            R.- Exprimé sous cette forme, c’est classique, c’est assez plat, et tout de même insuffisant. Il me semble que nous avons le droit de revendiquer notre aristocratie dont la marque est d’abord la liberté de l’esprit, ensuite l’horreur des mythes égalitaires, ce qui nous distingue de l’anarchiste sentimental, toujours plus ou moins nazaréen. Une certaine forme d’aristocratie cousinerait nécessairement avec l’anarchie ».

"La fidélité — la vertu la plus hors de mode. Pas seulement la fidélité à l’autre, mais la fidélité à soi-même. L’inscription dans la durée, le désir de maintenir, la volonté de transmettre. Tout cela est discrédité, rendu absurde, par une époque qui ne valorise que la nouveauté, le sentiment de mouvement et l’instant présent. 
Se sacrifier. Donner. Donner sans rien attendre en retour. Donner, non par devoir, mais en étant mû par la conviction que celui qui donne est toujours plus riche que celui qui reçoit — lequel a charge de donner à son tour. Au fond, c’est le seul vrai grand principe éthique. Tout le reste en dérive. “

Alain de Benoist